Le Soleil de Québec| 29 avril 2004 | page B5 | Cahier Arts et vie

 

SUZANNE BELLEFEUILLE, un nom à retenir

Michel Bois, collaboration spéciale 

C'est la précarité du mode de vie et la recherche d'équilibre des gens du cirque qui ont inspiré Suzanne Bellefeuille pour sa première exposition solo. Détentrice d'un bac en droit, agente de bord pour Air Canada, photographe pour plusieurs magazines prestigieux et diplômée en arts visuels de l'Université du Québec à Montréal, Bellefeuille canalise son vécu à travers les coloris profonds de l'encaustique où personnages imaginaires, funambules et saltimbanques naissent dans la plus grande étrangeté. 

« Je ne sais pas parler de mes oeuvres, dit-elle. Il m'est difficile de mettre des mots sur ce que je fais. Je peins. C'es tout. Parfois j'aime le résultat. Parfois non. Mais je suis toujours spectatrice de ce qui se passe à mon insu. Pourquoi je peins des personnages enfermés dans le ventre des chevaux ? Je n'en sais rien. Par contre, je devine par mes lectures qu'il s'agirait peut-être d'une symbolique pour décrire le passage d'un état à un autre. » 

Les tableaux de Bellefeuille sont à Ia fois tout chauds des rêves de la nuit et tout vibrants des réalités de l'éveil. Je le répète, il s'agit la de la première expo solo de Suzanne Bellefeuille. Et déja on peut affirmer qu'ellepossède une une préscience lui permettant d'écarter le superflu pour ne conserver que l'essentiel. Et c'est bien parce que l'on retrouve l'essentiel au fond de échelles lancées vers le vide que nous sommes surpris et émus de découvrir dans ses toiles, le reflet de nos propres sentiments s'avançant lentement sur le fil de fer des certitudes, des désirs et des espoirs, tendu entre le ciel et la terre. Retenez ce nom. Vous êtes avertis.

LE CIRQUE, de Suzanne BeIlefeuille jusqu'au 16 mai, à la galerie Estampe Plus, 49, rue Saint-Pierre, Québec